Sortie bucolique et voyage dans le temps…

Les îles aux Princes, 3 ans que je vis à Istanbul et que j’y fais régulièrement une escapade aux beaux jours. Et enfin je leur consacre un article. Pourquoi tout ce temps? Parce que je voulais attendre de les connaître un peu plus en profondeur.

Aller au-delà de l’image carte postale d’une promenade en calèche entre les belles demeures en bois…

Car c’est aussi, toute un pan de l’histoire d’Istanbul que l’on peut lire à travers nos déambulations. Notamment celui des minorités religieuses, qui sur les îles, plus encore que dans la ville, laissent une emprunte particulière.

Les îles aux Princes

Une sortie sur les îles aux Princes est un grand classique pour les familles stambouliotes, qui s’y rendent en masse tous les week-end à la belle saison.

Les îles aux Princes font partie de la mégapole d’Istanbul et « baignent » gentiment dans la mer de Marmara, près de la côte asiatique. Ce havre de paix et de verdure contraste nettement avec la vie trépidante de la ville. Ici, point de voitures et le temps s’écoule lentement, au rythme des ferrys qui déposent et emportent les visiteurs d’un jour ou les résidents des îles…

Cet archipel des îles aux Princes – Adalar en turc, qui signifie simplement, les îles – est composé de 9 îles, dont les 4 plus grandes – Büyükada, Heybeyliada, Burgazada et Kinaliada – sont facilement accessibles par bateau. Depuis Istanbul, le trajet s’effectue en 1 heure environ. (Les autres îles de l’archipel sont inhabitables ou privées).

Chacune de ces 4 îles aux Princes peut donc être visitée sur une journée complète (trajet inclus). Vouloir faire les 4 le même jour ne serait pas pertinent, aussi je vous indique les points clés de chacune d’entre elles pour vous aider à bien choisir « votre île » 😉

Les îles aux Princes à Istanbul, île de Heybeliada, vue sur Burgazada
vue sur Burgazada et Kasik Ada depuis Heybeliada

Pourquoi s’appellent-elles les îles aux Princes?

Bien que le nom évoque un compte de fées, n’espérez pas y faire la rencontre de riches héritiers au cœur pur – quoique…

Les îles aux Princes font référence aux nombreux empereurs, impératrices, et autres personnages de haut rang qui y furent exilés pendant la période byzantine. Il faut dire que leur proximité avec Constantinople et les nombreux monastères qui s’y étaient établis étaient bien pratiques pour y mettre au silence les indésirables de la cour!

Plus tard, au 19ème siècle de somptueuses demeures de villégiature y furent construites par la haute société ottomane. Ces belles bâtisses en bois, aux styles architecturaux emprunts de toutes les influences, étaient la propriété de riches turcs, mais surtout grecs, arméniens, et juifs ottomans. Même le fameux Trotski s’est réfugié dans l’une d’entre elles, 4 années durant.

Puis, au début du 20ème siècle, on exila sur la toute petite île d’Oxie (Sivriada) les chiens errants qui pullulaient à Istanbul. Mais ça c’est une autre – pas jolie – histoire … Qui s’ajoute à celle du déclin des minorités, sur laquelle je vais m’attarder un petit peu.

L’Histoire des communautés religieuses des îles aux Princes

Parler des îles aux Princes est l’occasion de revenir quelques instants sur l’histoire des communautés religieuses d’Istanbul. (a rattacher à ma p’tite histoire d’Istanbul pour les nuls 😉)

Les communautés religieuses ont toujours joué un rôle important dans l’empire ottoman. Ces minorités ont globalement conservé leur liberté de culte et faisaient partie intégrante de l’économie et de la société ottomane. Grecs, Latins, Arméniens, Juifs, sont aux côtés des turcs une composante à part entière du peuple ottoman. Pourtant, au cours de l’histoire, quelques épisodes vont mettre à mal cette harmonie et ces populations vont décliner, surtout au cours de la République.

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Restaurants grecs au village de Kinaliada

Ce phénomène est particulièrement parlant sur les îles aux Princes. Qui plus est, se trouve sur l’île de Büyükada, un musée très intéressant qui retrace ces événements. Chose assez rare pour être signalée, car le sujet est encore tabou et beaucoup de musées font étrangement l’impasse sur ces vagues d’exodes…

L’histoire des communautés religieuses des îles aux Princes que je décris ci-après a donc comme source principale le musée de Büyükada.

Essors des monastères sous l’ère Byzantine

Les premières traces d’occupation des îles remontent à 2000 ans. Ce ne sont alors que de petits villages de pêcheurs. C’est sous l’ère Byzantine qu’elles vont prendre toute leur importance. Notamment à partir de Constantin Ier au 4ème siècle, qui fait de Byzance sa « Nouvelle Rome », capitale de l’empire Romain d’Orient. Dès lors de premiers monastères et églises chrétiennes sont construits sur tout l’archipel. D’autres seront ajoutés tout au long des siècles, faisant des îles un haut lieux de la chrétienté.

Ces monastères jouent un rôle très important dans l’organisation, la politique, l’économie et la culture de l’empire Byzantin. Comme on l’a vu plus haut, de nombreuses têtes couronnées et personnalités y sont exilées, de manière temporaire ou définitive. Bien souvent, l’énucléation s’ajoutait à leur peine, c’est-à dire qu’on leur crevait les yeux (dommage pour le paysage!). Pour subvenir à leurs besoins, ils participent pleinement à la vie du monastère. Bien que privés de visites, ils peuvent envoyer et recevoir du courrier (ce qui est quand même sympa…).

Développement des minorités religieuses sous l’ère ottomane

En 1453, lorsque Constantinople tombe aux mains des Ottomans, les monastères sont fermés, bien que l’activité se poursuive de manière cachée. Les îles perdent alors de leur attrait.

Il faut attendre la fin du 19ème siècle et la modernisation de l’économie pour que les îles aux Princes attirent à nouveau habitants et visiteurs (notamment grâce à la mise en place de ferrys).

Les lieux de culte se diversifient avec en plus des nombreuses églises orthodoxes grecques, une église orthodoxe arménienne (Surp Krikor Losavoriç à Kinaliada, 1857, reconstruite en 1988) et une église catholique (San Pacifico à Büyükada, 1865/6).

En 1830, la première mosquée est construite au sein de l’Ecole Navale sur Heybeliada. La première mosquée civile – Hamidiye – n’est construite qu’en 1893 sous Abdulhamid II à Büyükada.

La 1ère synagogue – Hesed Leavram – à Büyükada est fondée en 1906 (reconstruite en 1921).

Dans les années 1940-60, la modernisation se poursuit avec l’eau courante et l’électricité. Les îles deviennent alors un lieu de villégiature pour les riches stambouliotes. La population augmente et les superbes demeures en bois se construisent, rivalisant d’élégances et s’inspirant de toutes les influences architecturales de ces communautés. On les admire encore aujourd’hui, qu’elles soient délabrées ou restaurées…

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belle demeure à Heybeliada

L’exode des minorités sous la République

Au cours du 20ème siècle, de grand bouleversements vont avoir lieu. Tout d’abord, le démantèlement de l’empire Ottoman suite à la 1ère guerre mondiale et la fondation de la République de Turquie sous la présidence d’Atatürk. Les minorités religieuses qui jusque-là ont toujours fait partie de l’empire vont connaître des épisodes de vagues d’exodes.

Il y a bien-sûr les Arméniens en 1915 qui connaissent la déportation et l’exode (bien qu’Istanbul ait été relativement épargné par rapport au reste de l’empire).

Dès les années 20′, après la fin de la guerre d’indépendance des échanges de populations sont actés. Les grecs orthodoxes de Turquie sont expulsés vers la Grèce et les turcs musulmans de Grèce sont rapatriés vers la Turquie.

Le 11 octobre 1942, alors que la Turquie reste neutre au cours de la 2ème guerre mondiale et que des diplomates turcs sauvent des juifs de la déportation, une drôle de loi est votée. Tous les non-musulmans de Turquie sont soumis à une Taxe Capitale dont les montants sont exorbitants. Les minorités sont contraintes de vendre leurs biens pour s’acquitter de leur taxe. Ceux qui ne peuvent pas payer sont envoyés dans des camps de travaux à Aşkale. Cette taxe capitale est abolie un an et demi plus tard.

En 1955, un événement vient rejeter de l’huile sur le feu. Le 6 septembre, les informations relayent qu’une bombe aurait explosé dans la maison natale d’Atatürk à Salonique, en Grèce. Les 6 et 7 septembre 1955, des émeutes et destructions ont lieu en représailles, contre les biens des minorités religieuses. Eglises, synagogues, commerces et maisons sont vandalisés. Les îles de Büyükada et Heybeliada ne sont pas épargnées. En revanche, les habitants de Burgazada et Kinaliada se serrent les coudes pour protéger leur population et leurs biens des émeutiers qui tentent d’accoster par bateau.

Mais c’est surtout dans les années 60-70, que la population grecque des îles décroit fortement, du fait des tensions politiques autour de la question de Chypre. En 1964 d’abord, une loi est votée pour expulser de Turquie les turcs d’ascendance grecque. L’orphelinat grec de Büyükada ferme à cette époque! Puis en 1974, après l’arrivée des soldats turcs sur Chypre, une nouvelle vague de grecs quitte la Turquie.

Aujourd’hui, bien que les minorités religieuses soient toujours représentées sur les îles aux Princes, la population est en grande majorité turque.

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur le sujet, je vous recommande la visite du musée des îles aux Princes à Büyükada (10TL/personne, tarif réduit 5TL pour les détenteurs de la MüzeKart ou MuseumPass, gratuit tous les mercredis).

Se rendre sur les îles aux Princes

Avec ou sans Prince charmant, voici comment se rendre sur ces îles aux Princes!

Se rendre sur les îles aux Princes par le ferry

Par « ferry » on sous-entend en premier lieu, la compagnie publique de la ville. Ses bateaux sont reconnaissables au logo « Şehir Hatları » et au fait que l’on accède à l’embarcadère avec sa carte de transport public – la IstanbulKart! (il faudra d’ailleurs que je songe à faire un article sur ce sujet).

Ces ferrys publics partent d’Istanbul, depuis les embarcadères de :

  • Beşiktaş, Kabataş et Eminönü, sur la rive européenne
  • Kadiköy et Bostancı, sur la rive asiatique

La première des îles desservie est Kinaliada, puis Burgazada, Heybeliada et enfin Büyükada.

Pour la durée du voyage, comptez 1h15 de Beşiktaş à Büyükada, mais presque 2h si vous partez de Kabataş.

Quand au tarif, vous allez rire… 5.20TL par passager pour un aller simple. (soit actuellement moins de 1 euro!) Ne vous privez donc pas de cette sortie en mer. Et en plus vous aurez peut-être la chance de voir des dauphins! (si, si , je vous jure!)

Les dauphins du Bosphore, Istanbul, Corne d'or, mer de Marmara
Les dauphins du Bosphore

Petite mise en garde toutefois. Vous comprendrez facilement qu’à ce prix-là, les week-end et jours fériés, les bateaux sont véritablement pris d’assaut! Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’idée de jouer des coudes pour réussir à embarquer, je vous propose une alternative. Les compagnies privées!

Se rendre sur les îles aux Princes avec les compagnies privées

Il existe au moins deux compagnies privéesTuryol et Dentur – qui proposent également la traversée en bateau depuis Istanbul vers les îles aux Princes. Leur tarif étant « nettement » plus cher (lol) – 10TL par trajet, soit 1,50€ – vous aurez beaucoup moins de monde et serez plus à l’aise!

  • Turyol : On embarque depuis Eminönü, Karaköy ou Kadiköy. Sont desservies les îles de Kinaliada, Heybeyliada et Büyükada.
  • Dentur : On embarque depuis Kabataş ou Besiktaş principalement (quelques bateaux partent également de Sirkeci). Sont desservies les îles de Heybeliada et Büyükada uniquement!

Pour le retour, vous pourrez tranquillement acheter votre ticket sur l’île au niveau de l’embarcadère (quelque soit la compagnie). Le dernier bateau part aux alentours de 22-23h. Les horaires sont clairement annoncés, donc pas de risque de rester coincé pour la nuit. Sauf à le faire exprès 😉

Les îles aux Princes à Istanbul, île de Burgazada, village
Arrivée sur Burgazada

Se déplacer sur les îles aux Princes

Le gros point positif de ces îles aux Princes est que les véhicules motorisés y sont purement et simplement interdits! (sauf exception). Les seuls moyens de locomotion à votre disposition sont donc : vos pieds, les vélos, et les calèches appelées Fayton. (Pour cette dernière option, qui peut être très séduisante à première vue, j’émets quand même de grosses réserves sur lesquelles je reviens plus bas!)

Et point important, pour nous les filles : Pour une promenade réussie sur les îles aux Princes, il est de coutume d’acheter une couronne de fleurs. C’est joli et ça donne de super-pouvoirs pour bien randonner 😉

couronnes de fleurs en vente sur les îles aux Princes
couronnes de fleurs

Randonner à pied sur les îles aux Princes

Il est tout à fait possible de faire le tour complet de l’une de ces 4 îles à pied en quelques heures. Si Kinaliada, la plus petite, se fait en 1 à 2 heures grand max, prévoyez quand même 3-4 heures pour la plus grande, Büyükada!

Pensez à prendre un pique-nique dans le sac à dos si vous voulez manger sur l’une des aires aménagées, ou tout simplement à l’ombre d’un pin avec vue mer!

Louer un vélo sur les îles aux Princes

Vous trouverez de nombreux loueurs de vélo dès votre arrivée sur l’île. Vous pouvez louer un vélo pour 25TL la journée ou 10TL de l’heure. Je vous conseille de louer la journée complète si vous êtes sur Büyükada ou Heybeliada car vous verrez que l’heure passe vite, même à vélo!

Votre loueur de vélo vous remettra un plan de l’île, donc pas d’inquiétude de ce côté-là! Pour ce qui est de la qualité des vélos, ne vous attendez pas à des modèles très high-tech. En revanche, vous serez ravis du joli petit panier décoré de fleurs en plastique 😉

loueur de vélo sur Büyükada, îles aux Princes à Istanbul
location de vélo

Si vous avez des enfants, sachez que c’est quasi mission impossible de trouver des vélos à leur taille. Quand bien même, pensez qu’il y a du dénivelé et qu’à certains moments, il faudra peut-être descendre de vélo pour pousser… Donc avec de jeunes enfants, mieux vaut opter pour les autres solutions!

Le fameux tour en calèche sur les îles aux Princes

L’image carte postale lorsque l’on pense aux îles aux Princes, ce sont ces calèches, appelées fayton qui transportent les visiteurs pour un tour complet de l’île.

Vous en trouverez sur chaque île, sauf à Kinaliada. Et il faudra souvent vous armer de patience dans des queues parfois interminables les jours d’affluence.

Alors bien-sûr ça donne envie… elles sont jolies ces calèches richement décorées de fanfreluches et c’est pratique pour balader les enfants. Et puis on est contents de faire la photo souvenir! Oui mais voilà, la réalité pour ces chevaux est autrement moins fun.

La durée de vie de ces pauvres chevaux n’est que de quelques années tellement ils sont poussés à l’extrême, pour que le tour soit bouclé le plus vite possible et que le fayton puisse embarquer un autre groupe. J’ai déjà eu l’occasion de constater par moi-même que sous leur attirail, les chevaux présentent des plaies à vif, causées par le frottement. Et ne parlons pas de leur maigreur et leur état d’épuisement… Donc bien-sûr, vous faites comme vous l’entendez, mais au moins vous êtes prévenus.

tour de Buyukada en fayton, calèche des îles aux princes, istanbul
à bord d’un fayton dans les rues de Büyükada

Particularités de chaque île aux Princes

Les îles aux Princes présentent des caractéristiques communes : de jolies demeures en bois, des collines couvertes de pinède méditerranéenne avec à leurs sommets des monastères qui offrent de joli points de vue, et une route qui fait le tour de l’île. Mais voici quelques petits éléments remarquables pour vous aider à choisir sur quelle île aux Princes vous rendre.

L’île de Kinaliada

L’île de Kinali – Kinali ada – signifie l’île du Henné, a priori en raison de la couleur des eaux de la Marmara à ses abords (Personnellement je la voie bleue cette eau, mais peut-être qu’à l’époque les mines de fer et de cuivre qui y étaient exploitées avaient un impact sur la couleur de l’eau?). Auparavant les byzantins l’appelaient Proti. Elle était habitée dès cette période principalement par la communauté arménienne.

Kinaliada, est la plus petite de ces 4 îles aux Princes1.3 km² – et probablement la moins connue. C’est en tous cas la dernière que j’ai visitée.

Pourquoi ne m’y suis-je pas arrêtée plus tôt? Il faut bien reconnaître qu’elle me donnait moins envie. Parce que les maisons semblent construites de manière plus dense et que les transats des plages privées sont déployés sur la petite tranche de corniche, coincés entre la mer et le chemin qui fait le tour de l’île.

vue des îles aux Princes à Istanbul, île de Kinaliada, sur la mer de Marmara
Vue sur Istanbul depuis Kinaliada

Et pourtant, je lui ai découvert bien des atouts!

  • Tout d’abord, Kinaliada est la seule des 4 îles aux Princes où il n’y a pas de calèches. C’est donc beaucoup plus tranquille. Moins de bruit et moins de risque de se faire écraser par un fayton! Du coup, on profite pleinement de la promenade pour laisser les enfants explorer, sans se stresser.
  • Kinaliada étant la première des îles aux Princes desservie par le ferry, le trajet se fait en seulement 30 minutes depuis Kadiköy, 50 minutes depuis Eminönü. Le bémol, c’est que toutes les compagnies ne desservent pas Kinaliada et même avec Sehir Hatlari, les bateaux ne s’y arrêtent pas toujours. Ceci dit, rien qu’en semaine vous pouvez compter sur une 20ène de bateaux par jour!
  • Etant la plus petite des îles, c’est aussi celle dont on fait le tour le plus facilement et rapidement. Comptez une heure pour en faire le tour complet à pied (hors pause baignade!).
  • Les plages de galets qui se trouvent à l’opposé de l’embarcadère sont assez jolies. On peut y poser sa serviette, sans être obligé de louer un transat. Il y a bien-sûr quelques petites plages privées qui balancent leurs watts au son de la techno turque, mais elles restent relativement discrètes par rapport à d’autres… Et, fait suffisamment rare pour être signalé, j’ai trouvé qu’elle était très propre!
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Baignade à Kinaliada

Que voir et faire sur l’île de Kinaliada?

  • Le principal monument qui peut attirer l’attention sur Kinaliada est le monastère Hristos, aussi appelé monastère de la transfiguration. C’est un monastère grec orthodoxe, reconstruit au 18ème siècle sur les ruines d’un ancien monastère byzantin. Plusieurs empereurs y ont été exilés dont Michel Ier, Romain Ier, Romain IV.
  • Vous pouvez également jeter un coup d’oeil rapide à son église arménienne, sa mosquée de style moderne, ou encore son église grecque.
  • Sinon, je dirais que Kinaliada est une île qui s’adresse surtout aux stambouliotes qui, en plein été, viennent chercher un petit coin de baignade un peu nature et facile d’accès.
  • C’est également pour la communauté arménienne d’Istanbul, un lieu de villégiature privilégié!

L’île de Burgazada

Deuxième arrêt, l’île de Burgaz – Burgazada. Les byzantins l’avaient appelée Antigone, du nom du père d’un général d’Alexandre le Grand (il fallait aller le chercher celui-là!). Elle n’est pas beaucoup plus grande que Kinaliada avec ses 1.5km², mais est peut-être davantage boisée et on y trouve les calèches – fayton. Autrement, elles sont assez similaires.

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Burgazada

Que voir et faire sur l’île de Burgazada?

  • L’église Aya Yani – Saint Jean-Baptiste – est une église grecque orthodoxe dans le village. Sa construction est datée du IXème siècle. On la voit bien dès notre arrivée au port.
  • Le monastère Saint-Georges, au nord de l’île.
  • Le monastère Hristos qui serait construit sur les ruines d’un temple grec. Situé sur les hauteurs de l’île, il offre une jolie vue.

L’île de Heybeliada

Heybeliada, l’ancienne Chalcée, est la deuxième plus grande île aux Princes avec ses 2.4km².

On aime Heybeliada pour son aspect plus nature et moins envahie de touristes que Büyükada. La randonnée sur le tour de l’île demande une demi-journée.

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Anse d’Heybeliada

Que voir et faire sur l’île de Heybeliada?

  • En arrivant sur l’île, on repère sur la gauche, la grande école navale.
  • Le Monastère grec orthodoxe de la Sainte-Trinité, est bien visible sur les hauteurs de la pointe nord d’Heybeliada. Il abrite l’ancienne école théologique grecque orthodoxe de Halki. S’y trouve encore l’une des bibliothèque les plus importante du monde orthodoxe!
  • A l’autre extrémité de l’île, sur la pointe sud, l’église grecque orthodoxe Terki Dünye offre un très beau panorama, avec possibilité d’y prendre un rafraîchissement.
  • Une synagogue – Bet Yaakov – témoigne également de l’importance de la communauté juive sur cette île (ne se visite pas).

L’île de Büyükada

Büyükada est la plus grande des îles aux Princes avec ses 5.4km². En turc, son nom signifie tout simplement Grande Île. A l’époque Byzantine, elle s’appelait Prinkipo, relativement aux fameux « Princes » exilés dans ses monastères. Et par la suite, ce nom s’est étendu à l’ensemble de l’archipel. (Il faut dire qu’ils en avaient disséminé un peu partout … ).

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vue sur Buyukada depuis Heybeliada

Que voir et faire sur l’île de Büyükada?

  • Le monastère aya yorgos – Saint-Georges : La marche jusqu’au sommet depuis la place où les faytons font leur pause vous prend une 20ène de minutes. Donc si vous faites le tour en calèche, sachez que vous n’avez pas le temps de monter au monastère. Vous remarquerez tout au long du sentier, des fils de couture enchevêtrés dans les broussailles. Ils sont déroulés chaque 23 avril, pour la Saint-Georges, par les nombreux pèlerins qui envahissent l’île ce jour. Et ce ne sont pas que des orthodoxes qui font ainsi leur vœux à Saint-Georges. Les turcs musulmans viennent également en masse au monastère de Saint-Georges! Et n’oubliez pas de profiter de la vue lorsque vous serez au sommet. Un restaurant vous y accueille pour un rafraîchissement bien mérité!
  • Sur le chemin, observez l’Ancien orphelinat grec, à l’abandon depuis l’exode massif des grecs en 1964. Il reste le plus grand bâtiment en bois d’Europe. Il ne se visite pas mais est visible sur la route qui mène vers le monastère Aya Yorgos.
  • Le musée des îles aux Princes, situé dans le domaine de l’église Aya Nikola (30 minutes de marche vers l’est depuis l’embarcadère). L’entrée ne coûte que 10TL, ou 5TL si vous avez la MüzeKart. Les mercredis, l’entrée est gratuite! Pour le prix, le musée est vraiment très intéressant. Beaucoup de panneaux à lire pour s’informer sur le passé des îles aux Princes, en particulier sur l’histoire des communautés religieuses.
  • Jetez un œil à la mosquée Hamidiye (XIXème siècle) et à la synagogue Hesed Le Avraam.

Vivre sur les îles aux Princes

La population des îles varie énormément entre période estivale et hivernale. Quelques milliers de personnes y vivent à l’année, mais ce nombre grimpe en flèche lorsque les beaux jours arrivent. Soit par l’afflux de visiteurs pour une journée, ou un week-end en hôtel de charme. Soit par les stambouliotes qui y prennent leurs quartiers d’été.

En effet, quelques veinards sont propriétaires d’une résidence de villégiature sur les îles. D’autres font le choix de louer un appartement pour quelques milliers d’euros à l’année. Ils profitent ainsi de la douceur des îles, soirs et week-end, et vont travailler la journée à Istanbul. Une heure de traversée en bateau, c’est quand même pas la mer à boire 😉

Les îles aux Princes à Istanbul, vue sur la rive asiatique d'Istanbul
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