Je vous ai déjà parlé de la Citerne Basilique d’Istanbul. S’il s’agit initialement d’un ouvrage hydraulique, celui-ci est devenu un véritable monument à visiter lors d’un séjour à Istanbul. La Citerne Basilique a bénéficié d’une restauration qui s’est achevée en 2020. Le résultat est plutôt génial et photogénique. Je vous offre donc à travers cet article un petit voyage sous les pavés byzantins à la rencontre de la Méduse

Tout d’abord, si vous voulez un aperçu de la Citerne Basilique avant sa restauration, vous pouvez filer sur mon premier article qui présentait les 3 citernes byzantines à visiter à Istanbul. L’ambiance était tamisée et mystérieuse avec ses éclairages ambrés.

Aujourd’hui, c’est le bleu qui domine et qui donne un côté futuriste au lieu. Toutefois, sans faire perdre au lieu son côté un peu magique. Des expositions y ajoutent une touche artistique qui se marie parfaitement au lieu.

la citerne-Basilique d'Istanbul

L’histoire de la découverte de la Citerne Basilique d’Istanbul

Je ne me lasse pas de raconter cette petite anecdote. Car si vous n’aurez aucun mal aujourd’hui à trouver l’entrée de la Citerne Basilique, sachez que cela n’a pas toujours été le cas.

Construite au cours du 6e siècle sous l’empereur Justinien, cette citerne servait à alimenter en eau le Grand Palais byzantin. Celui-ci se situait sur l’actuelle place Sultanhammet. Je vous conseille d’ailleurs de visiter le musée des mosaïques du Grand Palais Byzantin, dont l’entrée se trouve au milieu de l’Arasta Bazar (derrière la mosquée Bleue). Plus tard, les Ottomans se serviront de cette citerne byzantine pour alimenter le Palais Topkapi et son harem.

Au cours du 16e siècle, elle avait été plus ou moins oubliée. Du moins, les occidentaux ne l’avaient pas encore identifiée. C’est le naturaliste et géographe français (Cocorico!) du doux nom de Petrus Gillius (ou Pierre Gilles!) qui réalise la cartographie de Constantinople et tombe dessus un peu par hasard. Des habitants du quartier lui racontent qu’ils pêchent des poissons dans leur cave…

Pourquoi la Citerne-Basilique est-elle une visite incontournable d’Istanbul?

Si vous ne deviez visiter qu’une seule citerne à Istanbul, c’est bien la Citerne Basilique qu’il faut privilégier.

Il parait que 7000 esclaves ont été nécessaires pour construire cette citerne si impressionnante qu’on la surnomme la Basilique ou Yerebatan en turc!

Cette vaste construction souterraine pouvait stocker jusqu’à 80 000 tonnes d’eau, collectées depuis l’aqueduc d’Hadrien. Dans cette salle d’une surface de près de 10 000m² (70m x 140m) sont alignées 336 colonnes de 9m de haut, réparties en 12 rangées. Lors de la construction, ces colonnes de marbre ont été prélevées sur d’anciens bâtiments ce qui explique que certaines présentent des particularités.

Les deux têtes de Méduse

Les 2 têtes de Méduse n’ont été découvertes que dans les années 80 lors d’une restauration. Quelle surprise! Elles se trouvent être utilisées comme socle pour 2 colonnes. Encore plus bizarre, l’une des têtes est couchée sur le côté et l’autre carrément tête renversée.

On lit tout un tas de choses sur la signification de ces têtes de Méduse. Mais à vrai dire, il n’y a pas d’hypothèse vraiment tranchée (pour des têtes décapitées c’est un comble!).

Toutefois, ce qui est certain c’est que cette créature mythologique est associée au monde souterrain. Il est donc assez logique de la trouver au fond d’une citerne… Cette femme à la beauté littéralement fatale est reconnaissable par les serpents qui forment sa chevelure. Elle vous pétrifie si vous la regardez dans les yeux. Heureusement que Persée, ce héros (un peu misogyne quand même) l’a décapitée. Depuis elle serait plutôt un symbole de protection contre le mauvais œil. Tiens donc, tout comme le nazar buncuk turc. Cet œil bleu que vous trouverez un peu partout en Turquie.

Et si vous aimez les mythes et leurs créatures terrifiantes, allez donc à la rencontre la cousine de Méduse. La Chimère, qui se trouve ensevelie sous le mont Olympos à côté d’Antalya crache toujours ses flammes…

La colonne aux yeux de paon

Encore une histoire d’œil! Si l’on se fie au symbole, il semble bien que cette colonne couverte de motifs en forme de plumes de paon ait aussi un rôle de protection. Et si le paon est moins effrayant que Méduse, il n’en demeure pas moins un animal puissant. Car le paon est symbole d’immortalité et de protection, avec ses dizaines de plumes dont l’extrémité forme un œil.

Une autre particularité de cette colonne est qu’elle suinte. De l’eau ruisselle le long de cette colonne. C’est pourquoi une hypothèse serait qu’elle soit un hommage aux quelques 7 000 esclaves qui ont sué sang et eau à la construction de la Citerne-Basilique. On l’appelle aussi la Colonne des pleurs.

Colonne aux yeux de paon dans la Citerne Basilique à Istanbul

Infos pratiques pour visiter la Citerne-Basilique d’Istanbul

La Citerne-Basilique se visite tous les jours, de 9h à 22h. Le tarif pour les touristes étrangers est en 2026 autour de 40€, ce qui est un peu cher quand même je trouve. Et malheureusement, le MuseumPass n’inclut pas l’entrée. Mais vous pouvez trouver des formules intéressantes avec les pass privés.

L’entrée de la Citerne-Basilique se situe face à Sainte-Sophie, de l’autre côté des rails du Tramway. En revanche, vous ressortirez quelques mètres plus haut.


A votre tour d’aller « jeter un œil » à la magnifique et envoutante Citerne-Basilique.

Si vous avez apprécié lire mon article n’hésitez pas à me le dire. Cela m’encourage!

Bonne visite :-))